Rassemblement du 02 décembre 2015 : la violence patronale est silencieuse mais réelle

Joli rassemblement, hier, mercredi 02 décembre 2015, sur le parvis de la cité judiciaire de Montbéliard, en soutien à nos collègues d’Air France convoqués au tribunal de Bobigny, ce même jour, pour : « violence en bande organisée », à l’appel d’un collectif réunissant les forces de gauche du Pays de Montbéliard et les syndicats CGT et FSU.

Extrait du texte lu par Nadia au nom du collectif :

(…) Et quand les salariés se rebiffent et mordent quand on leur annonce des suppressions massives d’emploi, quand ils déchirent la chemise de leurs DRH, on crie au loup et au scandale, on dit qu’ils sont violents. C’est vrai que les plans de licenciement et leurs conséquences sur la vie des salariés alors que les profits des sociétés sont maximum, ce n’est pas violent?

A quand l’arrestation à 6h du matin d’un employeur responsable de l’un des 500 accidents du travail mortels qui ont lieu chaque année ?

Mais nous n’avons pas les mêmes valeurs, pour nous nos vies valent plus que leurs profits.

Lucille interprète Jean Jaurès

Lucille, jeune intermittente du spectacle, a interpreté un extrait des propos de Jean Jaures de juin 1906 à la Chambre des députés, alors qu’il débattait avec le ministre de l’intérieur de l’époque Georges Clémenceau au sujet des nombreuses grèves qui éclataient partout en France, au cours de cette même année.

Une interprétation touchante et émouvante!

Voici une partie des propos tenus par Jaurès et qui, ont le voit n’ont malhereusement pas pris une ride au regard des évènements de ces dernières années s’agissant des luttes et des grèves (PSA Aulnay, Continental, Fralib, Air France, et bien d’autres…)

Jean Jaurès : … palpable, saisissable chez les ouvriers : un geste de menace, il est vu, il est retenu. Une démarche d’intimidation est saisie, constatée, traînée devant les juges. Le propre de l’action ouvrière, dans ce conflit, lorsqu’elle s’exagère, lorsqu’elle s’exaspère, c’est de procéder, en effet, par la brutalité visible et saisissable des actes. Ah ! Le patronat n’a pas besoin, lui, pour exercer une action violente, de gestes désordonnés et de paroles tumultueuses ! Quelques hommes se rassemblent, à huis clos, dans la sécurité, dans l’intimité d’un conseil d’administration, et à quelques-uns, sans violence, sans gestes désordonnés, sans éclat de voix, comme des diplomates causant autour du tapis vert, ils décident que le salaire raisonnable sera refusé aux ouvriers ; ils décident que les ouvriers qui continueront la lutte seront exclus, seront chassés, seront désignés par des marques imperceptibles, mais connues des autres patrons, à l’universelle vindicte patronale. Cela ne fait pas de bruit ; c’est le travail meurtrier de la machine qui, dans son engrenage, dans ses laminoirs, dans ses courroies, a pris l’homme palpitant et criant ; la machine ne grince même pas et c’est en silence qu’elle le broie. […]

 

 

 

 

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