Violences

Ça se passe dans un pays où tout est désormais normal, à commencer par son président.

Mais parfois dans ce pays normal ou plutôt normalisé, anesthésié, il peut surgir des brutes épaisses, tels des chiffonniers mal éduqués ne sachant distinguer le tissus râpé de la combinaison de travail, de l’étoffe fine de la chemise Homme (haute couture, modèle Air France, collection automne hiver 2015).

Oui ce fut violent le 5 octobre 2015, et ce n’est ni normal (encore une fois  la normalité !) ni excusable.

Mais qui évoque la violence quotidienne et insidieuse d’un dialogue social sans dialogue, lui aussi normalisé, bafoué, digéré, procédurier, instrumenté ?

Qui évoque en temps « normal » les pratiques de restructurations destructrices d’emplois, de suppressions d’acquis sociaux ?

Suppressions de bus de tournées à Sochaux, transferts des études en Roumanie et au Maroc, externalisations massives de salariés via article L 12.24-1.

La pratique est bien rodée: une direction qui annonce ou organise des fuites, qui dément parfois, qui se met ensuite autour de la table avec les représentants du personnel comme l’y oblige la loi, et qui en définitive fait ce qu’elle a prévu initialement.

Il y a là aussi une violence de grande ampleur, une violence sociale à retardement, mais une violence.

Ça se passe dans un pays où tout est normal …

 

 

 

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